Histoire de l’énergie renouvelable au Québec – 3ème partie : Le renouvellement

Au Québec, l’énergie produite provient en quasi-totalité des énergies renouvelables1. Cette situation a été rendue possible de par la configuration bien particulière de la belle province, mais aussi grâce à des choix politiques forts à partir des années 1960. Les milliers de cours d’eau, les immenses forêts boréales et la grande capacité éolienne qui la composent ont largement pesé en faveur d’une production écologique de son énergie. Nous revenons sur l’histoire de l’énergie renouvelable jusqu’à nos jours.   
 

Troisième et dernier volet de notre série : la relance des projets de construction des années 2000, le développement durable et l’inclusion au cœur des stratégies énergétiques du Québec. 

Les années 2000

Les années 2000 annoncent un vent de renouveau au Québec. La belle province fait face à un ensemble de défis sur le plan économique, environnemental et social. Les besoins croissants en énergie se confrontent particulièrement aux enjeux liés à l’environnement et pressent les pouvoirs publics afin d’envisager d’autres solutions et d’adapter le modèle de production énergétique. Plusieurs stratégies se succèdent en vue de permettre au Québec de disposer d’une politique de développement plus durable et plus inclusive avec les communautés autochtones. 

La paix des Braves

Le 7 février 2002, le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris signent une entente historique qui marque le début d’une nouvelle ère de respect mutuel et de coopération entre les deux communautés. La « Paix des braves », ouvre également la voie à la construction de l’Eastmain-1 et de l’Eastmain-1-A (rebaptisé Bernard-Landry après le décès de l’ancien premier ministre). 

Bernard Landry, premier ministre du Québec et Ted Moses, Grand Chef du Grand Conseil des Cris de la Baie James.
Source : Archives d’Hydro-Québec

L’entente précise les dispositions de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et prévoit une compensation financière à hauteur de 4,5 milliards CAD sur 50 ans à la nation Crie et des régimes particuliers en matière de gestion de la faune et de la forêt. En contrepartie, les Cris acceptent la relance des projets de construction sur le territoire couvert par la Convention de la Baie James et du Nord québécois. Ces projets s’inscrivent directement dans la stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement du Québec. 

La Stratégie énergétique 2006-2015 du gouvernement du Québec

Le gouvernement du Québec dévoile en mai 2006 la Stratégie énergétique du Québec 2006-2015. Elle compte cinq grands volets: hydroélectricité, énergie éolienne, efficacité énergétique, nouvelles technologies énergétiques et hydrocarbures. 

Elle prévoit 25 milliards de dollars CAD d’investissement dans la production de 4500 mégawatts supplémentaires par l’hydroélectricité. Québec veut aussi augmenter la contribution de l’éolien à 4000 mégawatts, dont 500 mégawatts seront confiés aux régions et aux communautés autochtones. 
  

La Stratégie énergétique du Québec 2006-2015 s’articule en 6 objectifs 

  1. Renforcer la sécurité de nos approvisionnements en énergie 
  2. Utiliser davantage l’énergie comme levier de développement économique 
  3. Accorder une plus grande place aux communautés locales et régionales et aux nations autochtones dans le développement énergétique 
  4. Consommer plus efficacement l’énergie 
  5. Devenir un leader du développement durable 
  6. Déterminer un prix de l’électricité conforme à nos intérêts et à une bonne gestion de la ressource 

La Stratégie gouvernementale de développement durable 2015-2020

Le gouvernement du Québec dépose en novembre 2015 la Stratégie gouvernementale de développement durable 2015-2020. Cette deuxième stratégie gouvernementale en la matière et les plans d’action qui en découleront témoignent de la volonté de rester à l’avant-garde de la lutte contre les changements climatiques, de favoriser l’innovation et le développement d’une économie plus verte au Québec en particulier dans les activités gouvernementales. 

 
Elle se fonde sur sept enjeux fondamentaux et établit huit orientations : 

  • Renforcer la gouvernance en développement durable dans l’administration publique 
  • Développer une économie prospère d’une façon durable, verte et responsable 
  • Gérer les ressources naturelles de façon responsable et respectueuse de la biodiversité 
  • Favoriser l’inclusion sociale et réduire les inégalités sociales et économiques 
  • Améliorer par la prévention la santé de la population 
  • Assurer l’aménagement durable du territoire et soutenir le dynamisme des collectivités 
  • Soutenir la mobilité durable 
  • Favoriser la production et l’utilisation d’énergies renouvelables et l’efficacité énergétique en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre 

La Politique énergétique 2030 du Québec

Dans la foulée de l’élan vert insufflé par la Conférence de Paris (COP21), le gouvernement québécois s’est engagé, en avril 2016, sur la voie de la transition énergétique. Par sa nouvelle Politique énergétique 2016-2030, le Québec s’est doté de cibles ambitieuses pour 2030 afin de réduire ses émissions de GES de 37,5 % par rapport à leur niveau de 1990, ceci suivant cinq axes différents :  

  1. Améliorer de 15 % l’efficacité énergétique  
  2. Réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés  
  3. Éliminer l’utilisation du charbon thermique 
  4. Augmenter de 25 % la production totale d’énergies renouvelables 
  5. Augmenter de 50 % la production de bioénergie 

“Notre volonté, elle est très claire. C’est faire du Québec un chef de file nord-américain dans les domaines de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables : l’éolien, le solaire, la géothermie, la biomasse, le biocarburant et le biométhane.”

Philippe Couillard, ex-Premier ministre du Québec 

Ainsi, sous la tutelle du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles est créé Transition Énergétique Québec (TEQ), un organisme qui aura pour mission de stimuler et de promouvoir la transition, l’innovation et l’efficacité énergétiques et d’en assurer une gouvernance intégrée. À ce titre, lui sont confiés les mandats suivants :   

  • Assurer un développement ancré sur les technologies propres 
  • Piloter la transition des transports et réduire la dépendance aux hydrocarbures 
  • Stimuler la décarbonation des transports et stratégie de diminution des émissions de GES 

Le rôle de l’hydrogène vert dans la transition énergétique

Grâce à sa vision et à sa détermination dans l’aménagement de son parc de production énergétique, le Québec a le privilège de faire partie des endroits dans le monde où il est possible de produire de l’hydrogène vert (fabriqué à partir de sources d’énergie renouvelable). 

Aussi, Le potentiel de l’hydrogène vert dans la transition énergétique est double.  

D’abord, il répond à plusieurs besoins : production de chaleur, production d’électricité, production de carburants de synthèse, production de produits chimiques, stockage électrique, sidérurgie, etc. 

Ensuite, il laisse entrevoir un potentiel considérable de décarbonation du secteur des transports, particulièrement le transport lourd et/ou intensif. Avec le développement des piles à combustible et un récent engouement des acteurs publics pour le développement de cette filière, c’est une perspective prometteuse face à la production et l’utilisation de l’hydrogène vert dans ce secteur.

En effet, les applications aux différents modes de mobilité offrent plusieurs avantages, notamment : une recharge rapide, une autonomie avoisinant plusieurs centaines de kilomètres (similaires aux utilisations des moteurs à combustion internes). 

Le TEQ soutient l’exploration de cette nouvelle filière dans la feuille de route sur le transport routier du Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques du Québec

 
En ont découlé deux principaux projets soit un banc d’essai dans le secteur des transports et la conduite d’une Étude sur le potentiel technico-économique du développement de la filière de l’hydrogène au Québec et son potentiel pour la transition énergétique.

Plus d’informations sur l’hydrogène vert, les piles à combustibles et leurs champs d’application, en visitant nos pages dédiées. Veuillez cliquer sur les liens suivants :

Notre hydrogène vert 
Chariots élévateurs 
Camions 
Voitures 
Autobus 


Source :

  1. An Evaluation of the Total Cost of Ownership of Fuel Cell Powered Material Handling. Todd Ramsden. NREL
    https://www.nrel.gov/docs/fy13osti/56408.pdf
  2. PlugPower. Top 7 reasons to convert to hydrogen fuel cell power in your material handling operations.
    https://www.plugpower.com/wp-content/uploads/2020/07/PlugPower_7ReasonsH2FC_F102116.pdf
  3. Ballard. Fuel cell zero-emission forklift fleet at Walmart Canada.
    https://www.ballard.com/docs/default-source/motive-modules-documents/material-handling-case-study-website.pdf?sfvrsn=6e51c280_2
  4. Fueling the Future of Mobility. Hydrogen and fuel cell solutions for transportation. Deloitte. Ballard.
    https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/cn/Documents/finance/deloitte-cn-fueling-the-future-of-mobility-en-200101.pdf
  5. Development of Business Cases for Fuel Cells and Hydrogen Applications for Regions and Cities.
    Roland Berger. FCH. 2017
    https://www.ap2h2.pt/download.php?id=86

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